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IA et mémoire : comment l’intelligence artificielle influence notre capacité à retenir

La mémoire est-elle en train de changer à l’ère de l’intelligence artificielle, des chats conversationnels et des moteurs de recherche omniprésents ? Chaque jour, nous déléguons davantage d’informations à nos smartphones, nos applications et désormais à des modèles comme les chatbots. Entre gain de temps, surcharge cognitive et tentation de tout externaliser, beaucoup se demandent si ces outils renforcent ou affaiblissent réellement notre capacité à retenir ce qui compte, que ce soit pour un test de QI, un examen d’anglais ou un concours d’aptitude.

Quand l’IA devient votre cerveau externalisé : une histoire familière

Imaginez Lina, 19 ans, qui prépare un concours d’entrée en école d’ingénieur. Elle doit réviser des suites logiques, du vocabulaire anglais et des textes sur les fonctions exécutives, souvent liées à l’attention et à la capacité de planifier. Au début, elle prend des notes, fait des fiches, s’entraîne sur des annales papier. Puis elle découvre un chatbot d’IA capable de lui résumer des cours, de créer des QCM et même de lui expliquer les matrices logiques étape par étape.

Progressivement, Lina adopte un nouveau rituel : au lieu de chercher l’information dans son cours, elle la demande directement à l’IA. Plus besoin de se souvenir d’une définition précise, l’outil la reformule à la demande. Pour travailler son anglais, elle ne mémorise plus vraiment les expressions, elle sait simplement qu’elle peut demander une traduction instantanée, autant de fois qu’elle veut.

Le jour où elle passe un test de raisonnement, sans accès à Internet ni à aucun outil numérique, elle est surprise. Certaines questions lui paraissent plus difficiles qu’attendu. Elle a l’impression d’avoir « tout vu » pendant sa préparation, mais de ne pas réussir à mobiliser ses connaissances au bon moment. Ce décalage entre ce qu’elle a consulté et ce qu’elle retient vraiment est au cœur de la relation complexe entre IA et capacités de rétention.

Ce que nous apprennent les tests de QI et les recherches cognitives

Pour comprendre l’impact réel de l’IA, il est utile de revenir à ce que mesurent les tests cognitifs. Dans la plupart des batteries de QI, le score moyen est normé à 100 avec un écart-type de 15. Autrement dit, la majorité des personnes se situent dans une fourchette assez large autour de ce score, et l’objectif n’est pas de « piéger » mais de décrire certaines composantes de l’intelligence : raisonnement, compréhension verbale, attention, vitesse de traitement, etc.

Les matrices progressives de Raven, par exemple, évaluent surtout le raisonnement abstrait et la capacité à détecter des structures logiques dans des suites de formes. Ces tests ne reposent pas directement sur l’apprentissage par cœur de connaissances scolaires, mais ils exigent tout de même de maintenir des informations visuelles en tête, de comparer des options, de tester mentalement des hypothèses. Autant de micro-processus qui peuvent être fragilisés si l’on s’habitue à ce que l’IA fasse chaque étape à notre place.

Les effets de pratique sont bien documentés : lorsqu’on se familiarise avec un format de test, les scores tendent à s’améliorer légèrement. Si vous vous entraînez régulièrement sur des exercices de type matrices, de logique verbale ou de compréhension de texte, vous devenez plus efficace pour repérer les régularités. L’IA peut amplifier ce phénomène en générant une infinité de questions similaires, avec explications détaillées à la clé. Sur le papier, c’est un avantage énorme.

Mais il existe une nuance importante : la pratique ne produit des effets solides que si elle est active. Lire des solutions générées par une IA sans tenter d’y répondre soi-même revient à regarder quelqu’un faire du sport à votre place. Le cerveau analyse moins, se repose davantage sur la réponse fournie, et l’apprentissage en profondeur s’affaiblit. C’est particulièrement vrai pour les personnes qui se reconnaissent dans des difficultés de concentration proches de l’ADHD : la tentation de « zapper » l’effort mental pour aller droit à la solution peut être encore plus forte.

À l’inverse, utiliser un chatbot pour expliquer un raisonnement après avoir vraiment essayé de résoudre le problème par soi-même peut consolider les connexions neuronales. L’outil devient alors un tuteur : il clarifie, illustre, corrige, mais ne remplace pas l’étape essentielle où vous manipulez vous-même les informations.

Rétention d’informations : ce que l’IA change vraiment au quotidien

Dans la vie de tous les jours, nous utilisons l’intelligence artificielle pour des tâches très variées : retrouver un mot en anglais, résumer un article scientifique, générer des idées créatives pour un projet, ou réviser un test d’aptitude numérique. Trois grands changements se dessinent dans notre manière de retenir les informations :

  • Externalisation des détails : numéros de téléphone, chemins, définitions précises… nous déléguons de plus en plus ces données aux applications. Le risque n’est pas d’« abîmer » le cerveau, mais de perdre l’habitude d’extraire mentalement ces informations sans aide extérieure.
  • Accélération de la compréhension superficielle : un résumé généré en deux secondes donne l’impression d’avoir « compris » un sujet. Pourtant, sans reformulation active, sans test de rappel, l’information reste fragile et vite oubliée.
  • Renforcement potentiel des compétences de haut niveau : en vous libérant de certaines recherches fastidieuses, l’IA peut vous laisser plus de temps pour la réflexion stratégique, la créativité, la comparaison d’idées, à condition de structurer cette utilisation.

Pour ceux qui s’intéressent aux profils de personnalité (comme le MBTI) ou aux différences individuelles de style cognitif, l’IA fonctionne un peu comme un miroir : le « profil pensif » va l’employer pour approfondir, faire des cartes conceptuelles, comparer des théories ; le profil plus intuitif ou créatif pour générer des scénarios, des idées d’histoires, des analogies visuelles. Ni l’un ni l’autre n’est meilleur, mais dans tous les cas, l’effort de rappel et de reformulation reste le moteur d’un apprentissage durable.

Transformer l’IA en coach cognitif plutôt qu’en béquille permanente

L’enjeu n’est donc pas de renoncer aux outils d’IA, mais de les intégrer de manière à soutenir votre capacité de retenir, plutôt que de la court-circuiter. Voici quelques stratégies concrètes, utilisables que vous prépariez un test de QI, un examen d’anglais ou une épreuve de créativité.

  1. Répondre d’abord, demander ensuite
    Face à une question, qu’elle vienne d’un manuel ou d’un chatbot, forcez-vous à formuler une réponse avant de demander de l’aide. Même si vous vous trompez, ce micro-effort mobilise votre attention et entraîne vos circuits de raisonnement. Ce n’est qu’ensuite que vous comparez votre réponse avec celle de l’IA.
  2. Utiliser l’IA pour générer des quiz de rappel
    Demandez à l’outil de transformer vos notes en questions ouvertes ou en cartes de révision, puis testez-vous sans regarder les solutions. Le rappel actif (retrouver l’information de tête) est beaucoup plus efficace que la simple relecture. Pour ressentir cet effet, choisissez un thème (vocabulaire d’anglais, notions de fonctions exécutives, dates-clés en psychologie cognitive) et planifiez des sessions courtes mais régulières.
  3. Pratiquer la double explication
    Après avoir compris une notion grâce à une réponse d’IA, expliquez-la avec vos propres mots, soit à voix haute, soit à l’écrit. Vous pouvez même demander à l’outil : « Corrige ma reformulation si quelque chose cloche. » C’est cette friction – chercher vos propres formulations – qui consolide le souvenir, autant pour des concepts complexes que pour des stratégies de résolution en test d’aptitude.
  4. Simuler des conditions de test réelles
    Lorsque vous préparez un test de raisonnement ou d’attention, consacrez une partie de vos séances à travailler sans aucune aide numérique : pas d’IA, pas de correcteur, pas de moteur de recherche. Chronométrez-vous, puis, seulement après, utilisez l’IA pour analyser vos erreurs, classer les questions difficiles et proposer des variantes. Passez le test maintenant dans ces conditions réalistes, puis répétez l’exercice quelques jours plus tard pour bénéficier des effets de pratique.
  5. Structurer l’information plutôt que la stocker brute
    Demandez à l’IA de vous aider à organiser des notions complexes en schémas, tableaux comparatifs, cartes mentales. Ensuite, recréez ces structures de tête ou sur papier, sans regarder l’original. Cet aller-retour entre structuration assistée et reconstruction autonome est particulièrement puissant pour les personnes qui jonglent avec plusieurs projets, examens ou langues à la fois.
  6. Protéger vos ressources attentionnelles
    Si vous vous reconnaissez dans des difficultés d’attention (distractions fréquentes, multitâche numérique, tendance à « décrocher » en lecture), utilisez l’IA pour fractionner les tâches plutôt que pour les éviter. Par exemple : « Découpe cet article scientifique en 3 blocs avec un mini-résumé à la fin de chaque partie, et propose-moi une question de compréhension par bloc. » Vous conservez l’effort de lecture tout en sécurisant votre concentration.

Qu’en est-il de la mémoire de travail dans un monde saturé d’outils numériques ?

La mémoire de travail – la capacité à garder temporairement en tête quelques éléments tout en les manipulant – est sollicitée en permanence dans les tests cognitifs comme dans la vie courante. Quand vous retenez un numéro juste le temps de le composer, ou que vous suivez mentalement plusieurs conditions dans un problème de logique, c’est elle qui est à l’œuvre.

L’IA ne diminue pas cette capacité de façon automatique ou irréversible. En revanche, plus nous nous habituons à déléguer les petites retenues mentales (un itinéraire, une consigne, une formule) à un outil, moins nous nous entraînons à le faire nous-mêmes au quotidien. Sur le long terme, cela peut donner l’impression d’être « moins bon » pour retenir, alors qu’il s’agit souvent d’un manque de pratique plus que d’une baisse réelle de capacité.

Pour entretenir cette compétence, il est utile d’introduire des micro-défis quotidiens : retenir une liste courte sans la noter immédiatement, résoudre un problème logique en tête avant de vérifier avec un outil, apprendre quelques mots d’anglais en contexte puis les réutiliser plus tard dans une phrase que vous demanderez à l’IA de corriger. L’idée n’est pas de bannir la technologie, mais de varier les contextes où le cerveau travaille en première ligne.

Vers une intelligence vraiment augmentée

Au fond, la question n’est pas de savoir si l’IA « abîme » le cerveau, mais de déterminer si nous l’utilisons comme amplificateur de nos capacités ou comme simple pilote automatique. Un usage passif nous habitue à cliquer sur une réponse toute faite ; un usage actif nous pousse à questionner, comparer, reformuler, tester. C’est cette seconde voie qui nourrit réellement nos compétences cognitives, qu’il s’agisse de raisonnement, d’attention ou de créativité.

En traitant l’IA comme un partenaire de réflexion plutôt que comme une béquille systématique, vous pouvez renforcer votre confiance lors des tests, mieux comprendre vos propres modes de fonctionnement (que vous vous intéressiez ou non au QI, au MBTI ou aux profils d’aptitude) et, surtout, protéger votre mémoire tout en profitant pleinement des nouvelles possibilités offertes par les outils numériques.

Questions fréquentes

Les outils d’IA peuvent-ils faire baisser mon QI au fil du temps ?

Les études actuelles ne montrent pas que l’utilisation d’outils d’IA fasse directement baisser le QI. En revanche, si vous vous contentez de lire des réponses sans réfléchir par vous-même, vous entraînez moins vos capacités de raisonnement, de concentration et de structuration d’idées. À long terme, cela peut se traduire par de moins bonnes performances dans certaines tâches cognitives exigeantes. L’enjeu n’est donc pas l’IA en elle-même, mais la façon – passive ou active – dont vous l’utilisez.

Comment réviser avec un chatbot sans nuire à ma capacité à retenir les informations ?

Utilisez l’IA principalement pour générer des questions, des problèmes, des exemples et des explications supplémentaires, plutôt que pour vous donner d’emblée la solution. Travaillez dans un premier temps hors ligne ou sur papier, puis servez-vous de l’outil pour corriger, clarifier et varier les exercices. Les techniques de rappel actif (se tester sans regarder le cours) et d’espacement (revenir régulièrement sur la même notion) restent les plus efficaces pour renforcer la rétention à long terme.

L’IA peut-elle aider les personnes qui ont tendance à se disperser ou à procrastiner ?

Oui, si elle est utilisée comme un support d’organisation et de structuration, plutôt que comme une source de distraction supplémentaire. Par exemple, vous pouvez demander à l’IA de découper une tâche complexe en sous-étapes, de proposer un planning réaliste, ou de créer des check-lists simples pour vos sessions de révision. Cela peut aider à rester focalisé, sans pour autant remplacer un accompagnement professionnel lorsqu’il est nécessaire. L’objectif est de canaliser votre attention, pas de la remplacer.

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