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IA dégradation cognitive : comprendre les risques et renforcer ses capacités mentales

IA dégradation cognitive : et si notre cerveau s affaiblissait sans même que nous nous en rendions compte dans notre vie numérique saturée d assistants virtuels ? Chaque jour, nous déléguons à des algorithmes nos calculs, nos traductions, nos idées de textes, parfois même nos décisions. Cette aide est précieuse, surtout pour apprendre ou travailler plus vite, mais elle pose une question délicate : que deviennent, à long terme, notre attention, notre mémoire et notre créativité ?

Quand l IA pense à notre place : le glissement progressif

Imaginez Léa, 19 ans, étudiante en psychologie. Pour réviser son cours de psychométrie, elle demande à un chatbot de lui résumer les chapitres, de lui proposer des questions de QCM, puis de corriger ses réponses. Pour son devoir en anglais, même chose : l IA lui suggère un plan, reformule ses phrases et vérifie son niveau de langue. Résultat : elle gagne du temps, mais elle se surprend à lire en diagonale et à réfléchir de moins en moins par elle-même.

Ce scénario n est plus de la science-fiction. Dans de nombreux domaines – préparation aux tests de QI, aide à la rédaction, entraînement aux tests d aptitudes, analyse de profil de personnalité façon MBTI –, l automatisation cognitive devient la norme. Le débat sur IA dégradation cognitive oppose alors deux visions : pour certains, l IA libère le cerveau pour des tâches plus complexes ; pour d autres, elle court-circuite l apprentissage en profondeur et favorise la paresse mentale.

La vérité se situe probablement entre les deux. Comme la calculatrice jadis, l IA peut renforcer nos compétences si elle est utilisée comme un outil d entraînement. Mais elle peut aussi fragiliser des fonctions clés – attention soutenue, mémoire de travail, métacognition – lorsqu elle devient un réflexe automatique à la moindre difficulté.

Ce que les données suggèrent sur notre cerveau à l ère numérique

La recherche sur l impact spécifique de l IA générative est encore jeune, mais nous disposons déjà de nombreux travaux sur le numérique, la surcharge d informations et la délégation cognitive. Plusieurs tendances se dégagent.

Attention fragmentée et surcharge cognitive

Les études sur le multitâche numérique montrent que le passage constant d une tâche à l autre (notifications, onglets multiples, changements d applications) dégrade la qualité de l attention. Or, de nombreux usages de l IA s insèrent précisément dans ce contexte de dispersion : on ouvre un onglet de chatbot, on copie-colle, on bascule sur une vidéo explicative, puis sur les réseaux sociaux.

Pour les personnes ayant un profil proche du TDAH ou une attention déjà fragile, cette fragmentation peut être encore plus marquée. L IA, en répondant instantanément, renforce la recherche de gratification immédiate au détriment de l effort soutenu. On s habitue à éviter l inconfort cognitif, alors que c est justement cet inconfort qui entraîne le cerveau, un peu comme un muscle.

Mémoire externe et paresse de rappel

Les psychologues parlent de délégation ou externalisation cognitive pour décrire le fait de confier à un support externe – carnet, smartphone, moteur de recherche, IA – une partie de nos fonctions mentales. Cette stratégie peut être très efficace, par exemple pour compenser des limites de mémoire de travail, organiser son temps ou se rappeler des tâches importantes.

Mais, à long terme, si chaque question factuelle, chaque mot de vocabulaire en anglais ou chaque idée de plan est immédiatement délégué à un assistant, la mémoire de rappel est moins sollicitée. On se souvient de moins de choses parce que l on sait que l on peut toujours « redemander » à l IA, ce qui peut diminuer la profondeur de l encodage des informations.

QI, tests et illusion de compétence

Dans les tests d intelligence, le QI moyen est souvent normé à 100 avec un écart-type de 15. Cette norme permet de situer une personne par rapport à la population, mais elle suppose que le test mesure bien les capacités propres de l individu, sans aide externe. Or, si l on prépare un test en laissant l IA résoudre tous les exercices à notre place, le risque est de créer une illusion de compétence.

Les matrices progressives de Raven évaluent le raisonnement abstrait et sont souvent considérées comme relativement indépendantes du langage. De plus en plus de sites proposent des entraînements à ce type d items, parfois accompagnés d explications générées par IA. Bien utilisés, ces feedbacks peuvent aider à comprendre la logique des séries, des analogies ou des suites visuelles.

Mais il faut garder en tête un principe fondamental en psychométrie : les effets de pratique existent : la familiarité améliore légèrement les scores, surtout lorsqu on a déjà vu des formats similaires d items ou de questions. Autrement dit, s entraîner avec une IA qui explique la solution peut augmenter votre score au test, sans que vos capacités profondes aient radicalement changé. C est un progrès en performance, pas nécessairement un changement d aptitude.

Quand l IA s invite dans les tests et l orientation

La généralisation des outils d IA touche déjà l univers des tests cognitifs, de personnalité et d orientation scolaire ou professionnelle.

Préparation aux tests de logique et d aptitudes

Pour les tests d aptitudes (raisonnement logique, suites de nombres, compréhension de textes en anglais, etc.), demander à une IA de fournir des séries d exercices puis d expliquer les corrections peut être extrêmement formateur. L important est de conserver au moins deux conditions :

  • tenter vraiment de résoudre l item seul avant de consulter l aide ;
  • reformuler soi-même la solution, plutôt que de se contenter de la lire.

Une bonne stratégie consiste à s évaluer régulièrement sans aucune aide, dans des conditions proches d un test réel. Vous pouvez par exemple réaliser un test de raisonnement ou de QI en ligne en fermant toutes les autres fenêtres et en notant votre score, puis comparer vos progrès après quelques semaines d entraînement encadré avec IA. Passez le test maintenant pour prendre un point de départ objectif, puis utilisez l IA comme un coach et non comme un moteur de triche.

Profils de personnalité, MBTI et auto-analyse

Beaucoup utilisent aujourd hui l IA pour analyser leurs réponses à des questionnaires de type MBTI, Big Five ou tests de style cognitif. Ces analyses peuvent être utiles comme point de départ pour réfléchir à sa façon de traiter l information, à ses forces créatives ou à ses difficultés d organisation.

Le danger réside dans la tentation de laisser l IA « décider » qui vous êtes, au lieu de vous approprier le travail de réflexion. Lire un profil, c est une chose ; confronter ce profil à vos expériences réelles, vos réussites et vos échecs, en est une autre. L IA doit rester un miroir, pas un oracle.

Stratégies concrètes pour rester mentalement affûté avec l IA

La question n est donc pas de renoncer aux outils d IA, mais de les intégrer dans une hygiène cognitive réfléchie. Voici plusieurs pistes concrètes.

1. Mettre des limites claires à l automatisation

Décidez à l avance quelles tâches vous refusez de déléguer totalement. Par exemple :

  • résoudre vous-même les premiers items d un test de logique avant de demander une piste de solution ;
  • rédiger un premier jet personnel d un texte (en français ou en anglais), puis seulement ensuite demander une reformulation ;
  • calculer mentalement ou à la main certaines opérations simples avant d ouvrir la calculatrice.

Cette « friction volontaire » maintient l exercice de vos capacités de base, tout en bénéficiant de l IA comme soutien ou correcteur.

2. Transformer l IA en partenaire d entraînement

Utilisez l IA comme un tuteur exigeant, pas comme un raccourci. Vous pouvez, par exemple :

  • lui demander de générer des items de matrices, d analogies verbales ou de suites de nombres, mais sans inclure la réponse ;
  • répondre d abord, puis lui demander uniquement de vérifier et d expliquer les erreurs ;
  • exiger de l IA qu elle vous pose des questions de plus en plus difficiles au lieu de vous donner directement la solution.

Cette approche est particulièrement efficace pour renforcer la mémoire de travail, la flexibilité mentale et la métacognition (la capacité à réfléchir sur sa propre façon de penser).

3. Protéger son attention, surtout en cas de tendance TDAH

Si vous vous reconnaissez dans des difficultés d attention, d impulsivité ou de procrastination proches du TDAH, l IA peut devenir un piège ou un allié, selon l usage. Pour en faire un allié :

  • fixez des créneaux courts et délimités pour l utilisation d IA (par exemple 20 minutes pour de l aide ciblée) plutôt qu une consultation permanente en tâche de fond ;
  • demandez à l IA de vous aider à découper une tâche complexe en petites étapes, puis concentrez-vous sur une seule étape à la fois ;
  • utilisez-la pour générer des rappels structurés, des listes de tâches ou des routines quotidiennes, mais exécutez ces routines loin des écrans lorsque c est possible.

Cela permet d exploiter la puissance de structuration de l IA sans accentuer la dispersion de l attention.

4. Nourrir sa créativité au lieu de la sous-traiter

Dans le domaine de la créativité (écriture, design, idées de projets), l IA peut soit étouffer l imagination personnelle par des solutions toutes faites, soit la stimuler en proposant des variations inattendues. La différence tient à la posture adoptée.

Plutôt que de demander « écris ce texte à ma place », préférez des formulations du type « propose-moi trois approches différentes pour traiter ce sujet, je choisirai ensuite et j écrirai moi-même ». Vous pouvez aussi utiliser l IA pour générer des contraintes créatives (par exemple, écrire une histoire en utilisant seulement certains mots ou structures) qui vous obligent à mobiliser vos propres ressources.

5. Mesurer ses progrès sans se raconter d histoires

Pour éviter de se laisser bercer par une impression subjective de progrès, il est utile de combiner IA et auto-évaluation régulière :

  • choisissez un ou deux types de tests (raisonnement abstrait, mémoire, vitesse de traitement) et passez toujours les évaluations importantes sans aide ;
  • notez vos scores, vos sensations, vos points forts et vos points à améliorer ;
  • réservez l IA aux phases d entraînement et d explication, jamais aux évaluations que vous prenez au sérieux.

Cette rigueur est importante notamment si vous préparez des concours, un bilan d orientation, ou si vous surveillez l évolution de vos capacités cognitives au fil du temps. En cas de doute sérieux sur une baisse marquée, il est essentiel de consulter un professionnel qualifié ; un article ou un outil en ligne ne remplace pas un avis médical ou neuropsychologique.

Reprendre les commandes de son cerveau à l ère des algorithmes

Les outils d IA ne sont ni des ennemis de l intelligence, ni des garanties de génie. Ils amplifient nos tendances : paresse ou discipline, curiosité ou recherche de facilité, capacité à se remettre en question ou besoin de réponses toutes faites. Utilisés en pleine conscience, ils peuvent accélérer l apprentissage, rendre la préparation aux tests plus efficace et aider à mieux se connaître.

À l inverse, un usage automatique, sans règles personnelles, risque de réduire la part d effort, d erreur et de réflexion profonde qui fait justement grandir nos capacités. Chacun de nous a la responsabilité de définir comment et quand déléguer certaines fonctions cognitives, et lesquelles garder jalousement comme terrain d entraînement quotidien.

L enjeu, au fond, n est pas de fuir la technologie, mais d apprendre à rester auteur de sa propre pensée. L IA peut devenir un formidable outil de développement cognitif, à condition de la traiter comme un coéquipier exigeant, pas comme un pilote automatique. C est ainsi que nous pourrons transformer la peur d une IA dégradation cognitive en opportunité de renforcer notre intelligence, notre créativité et notre capacité d attention dans un monde saturé d informations.

Questions fréquentes

1. L IA peut-elle réellement faire baisser mon QI ?

Le QI ne se « vide » pas comme une batterie, et aucune étude sérieuse ne montre que l IA, en tant que telle, ferait mécaniquement baisser le QI. En revanche, certaines habitudes peuvent limiter l expression de vos capacités : s appuyer systématiquement sur des aides externes, éviter tout effort mental, ou passer d une tâche à l autre sans jamais se concentrer longtemps.

Sur le long terme, ce sont ces habitudes qui peuvent influencer la qualité de vos performances à des tests cognitifs. À l inverse, utiliser l IA comme un support d entraînement ciblé, avec des moments réguliers d évaluation sans aide, peut au contraire vous aider à mieux exploiter votre potentiel.

2. L usage de l IA est-il déconseillé pour les personnes avec TDAH ou forte distractibilité ?

Non, l IA n est pas en soi déconseillée, mais elle doit être utilisée avec prudence. Pour une personne avec TDAH ou forte distractibilité, la rapidité et la richesse des réponses peuvent être très attractives et amplifier la tendance à zapper d une idée à l autre. Dans ce cas, définir des règles claires (temps limité, objectifs précis, pas d autres onglets ouverts pendant l utilisation) est essentiel.

En parallèle, l IA peut être une aide précieuse pour structurer la journée, découper les tâches, générer des rappels ou proposer des stratégies d organisation. En cas de souffrance importante au quotidien, il reste indispensable de s adresser à un professionnel de santé ; un outil d IA ne pose pas de diagnostic et ne remplace pas une prise en charge adaptée.

3. Comment utiliser l IA pour progresser en tests de logique sans devenir dépendant

La clé est de séparer strictement les phases d entraînement et les phases d évaluation. Pendant l entraînement, n hésitez pas à demander à l IA de vous proposer de nouveaux items, d expliquer vos erreurs ou de varier les niveaux de difficulté. Mais fixez-vous la règle de toujours tenter la résolution seul avant d accéder à l aide.

Pendant l évaluation, bannissez toute aide externe : pas d IA, pas de correction automatique, seulement vous face au test. Vous pouvez ensuite comparer vos scores d une session à l autre pour mesurer vos progrès réels. De cette façon, l IA joue son rôle de tuteur pédagogique sans créer une dépendance qui fausserait la perception de vos compétences.

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